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Point de Mire — « Nos régulateurs ont complètement perdu le fil » : le fardeau réglementaire du numérique dénoncé par les entrepreneurs

Entrevue avec Yanik Guillemette

Yanik Guillemette

MONTRÉAL, 22 mai 2026 (GLOBE NEWSWIRE) -- Alors qu'Ottawa tisse une toile réglementaire de plus en plus dense — incluant la proposition du CRTC d’imposer aux plateformes de diffusion en ligne une contribution équivalente à 15 % de leurs revenus annuels, sans compter l'impact cumulatif des lois C-11, C-18 et C-22 —, les inquiétudes se multiplient au sein de l’écosystème technologique canadien.

Nous avons rencontré Yanik Guillemette, entrepreneur et stratège en investissement, afin de discuter des impacts réels de cette lourdeur administrative sur l’innovation, l'exode des cerveaux et la compétitivité de l’économie numérique canadienne.

Q : Quelle a été votre réaction initiale face à ces nouvelles propositions du CRTC et à la trajectoire réglementaire globale du Canada?

Yanik Guillemette : Franchement, j’ai l’impression que nos régulateurs ont complètement perdu le fil. Littéralement, figurativement et métaphoriquement. Chaque fois qu’un modèle d’affaires numérique prouve son efficacité, le réflexe immédiat d'Ottawa semble être de le taxer, de le réglementer, d'exiger des audits de conformité, pour ensuite s'étonner de voir nos fleurons technologiques quitter le pays. Nous empilons les fardeaux administratifs sur un écosystème qui a d'abord besoin d'agilité.

Q : Certains soutiennent pourtant que ces mesures d'imposition sont nécessaires pour protéger la culture et le contenu canadiens. Que répondez-vous à cet argument?

Yanik Guillemette : Le problème n’est absolument pas le soutien à la culture canadienne. Le véritable problème, c’est l'illusion économique qui consiste à prétendre que ces coûts réglementaires n’auront aucun impact direct.

Ces frais ne s'évaporent pas ; ils sont systématiquement refilés aux consommateurs et aux entreprises. Nous l’avons déjà vécu avec la taxe sur les services numériques (DST). Les géants comme Google ont simplement ajusté leurs tarifs publicitaires à la hausse, et ce sont les entreprises canadiennes qui ont absorbé la facture. Des milliers de PME, incluant celles qui déploient des solutions SaaS ou des infrastructures automatisées, paient cette taxe invisible. Ce nouveau cadre de conformité ne fera pas exception.

Q : Selon vous, ces politiques nuisent-elles directement à la compétitivité du Canada et à notre capacité à innover face aux États-Unis?

Yanik Guillemette : Absolument. Le Canada clame sur toutes les tribunes vouloir devenir un leader mondial en intelligence artificielle, en cybersécurité et en innovation technologique. Mais en parallèle, nous construisons et renforçons un environnement dominé par la bureaucratie, la taxation et l’incertitude réglementaire.

Lorsqu'une entreprise évalue ses options de croissance ou le déploiement de nouveaux cadres de résilience, elle se pose des questions d'affaires très pragmatiques : Pourquoi héberger ses infrastructures de données ici? Pourquoi maintenir son siège social au Canada? Pourquoi développer ses opérations dans un marché qui pénalise la croissance? De plus en plus, les fondateurs regardent vers le marché américain et choisissent de s'y établir.

Q : Certains diront que les grandes plateformes multinationales doivent simplement payer leur "juste part". Est-ce une attente déraisonnable?

Yanik Guillemette : Les grandes entreprises contribuent déjà massivement par la création d'emplois, les infrastructures locales, les impôts corporatifs et les partenariats d'écosystème. Mais l'enjeu dépasse largement ces géants : c’est le signal désastreux que le Canada envoie aux investisseurs internationaux.

Si chaque entreprise numérique qui réussit sur notre marché devient automatiquement la cible de nouvelles redevances et d'inspections de conformité, le capital d'investissement va geler. Le capital technologique est hautement mobile. Les talents d'ingénierie sont mobiles. Les sièges sociaux sont mobiles. On ne peut pas forcer la rétention des entreprises par la loi si l'équation économique ne tient plus la route.

Q : Quel sera l’impact concret de cette surcharge bureaucratique pour le citoyen et la PME d'ici?

Yanik Guillemette : Les gens sous-estiment à quel point l’économie numérique est interconnectée. Quand l'État gonfle artificiellement les coûts d'exploitation des plateformes numériques, l'onde de choc traverse toute la chaîne de valeur. Cela se traduit par :

  • Des abonnements mensuels plus chers pour les citoyens.
  • Des coûts d'acquisition et de publicité numérique plus élevés pour les commerces locaux.
  • Des licences de logiciels (SaaS) et d'outils RH plus coûteuses pour les employeurs.
  • Une hausse des frais d'hébergement cloud et d'infrastructure.

Au final, c'est le consommateur qui paie. C'est la start-up canadienne qui paie. C'est la PME qui tente de moderniser sa productivité qui paie la facture.

Q : Qu’est-ce qui vous inquiète le plus dans cette tendance à long terme?

Yanik Guillemette : C'est la philosophie gouvernementale qui sous-tend ces actions. On semble considérer, par défaut, que toute réussite commerciale dans le secteur numérique doit être freinée par un mécanisme de redistribution ou de contrôle administratif.
À un certain moment, le Canada devra décider, de façon franche, s’il veut réellement compétitionner à l’échelle mondiale, ou s'il préfère simplement gérer son propre déclin économique de façon bureaucratique. Actuellement, trop d'entrepreneurs ont l’impression que l’innovation est perçue par l'État comme un problème à encadrer plutôt que comme le moteur économique à libérer.

À propos de Yanik Guillemette
Yanik Guillemette est un entrepreneur, dirigeant technologique et stratège en investissement basé à Montréal. Il agit à titre d'associé au développement des affaires pour une plateforme technologique de grande envergure, et agit comme conseiller stratégique pour le conseil d'administration de Tenjin Capital. Fort de plus d'une décennie d'expérience dans le développement immobilier commercial et résidentiel au Québec, son portefeuille d'investissements s'étend aujourd'hui à des entreprises en forte croissance telles que Hikerkind, Bezel et FranShares. Il s'implique activement dans les enjeux liés à l'adoption de l'intelligence artificielle, à la confidentialité numérique et à la réduction du fardeau réglementaire des PME canadiennes.

Une photo accompagnant ce communiqué est disponible au https://www.globenewswire.com/NewsRoom/AttachmentNg/21f58e50-e157-468f-ab90-9c05a95cb4b5/fr


Contact média :

Nom : Yanik Guillemette
Courriel : yanik@yanikguillemette.com
Site Web officiel : www.yanikguillemette.com
Yanik Guillemette

L’entrepreneur Yanik Guillemette annonce un investissement dans Hikerkind, une marque premium dédiée à la randonnée et à la communauté des femmes en plein air

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